Aujourd'hui j'ai envie de parler d'un album sorti en 1998, il s'agit donc de Panique Celtique.
À première vue, c'est un album de rap, seulement, on ne se limite pas à des rimes sur un sample plus ou moins bien fait, c'est un vrai album de musique !
La chanson phare de l'album, qui a eu un joli succès à l'époque, était La tribu de Dana, qui représente assez bien l'ambiance de l'album; sur un air de musique celtique, la prose de Martial Tricoche se pose à merveille, et si la voix est toujours parlée, on n'a néanmoins pas l'impression d'écouter du rap, cette chanson raconte le départ au combat d'un jeune de la tribu, une guerre ou chacun essaye de défendre l'honneur de son peuple, jusqu'à la mort, jusqu'à le laisser seul au milieu des cadavres, on est porté dans l'histoire, et on est transposé au milieu du champ de bataille et on visualise très bien le tableau.
Dans cet album, on conte des histoires, voire même l'Histoire, on ne rappe pas sur des faits de société, sur la zermi des banlieues, on cherche à transposer l'auditeur dans un univers et une ambiance, et ça réussit.
Après avoir côtoyé les guerriers de la tribu, on se retrouve projeté dans la guerre telle qu'on la connait, la guerre "moderne", dans L'avenir est un long passé on rejoint Marcel (sur une musique mélangeant encore une fois musique moderne et celtique, avec une prose toujours aussi bien posée, parfois à bout de souffle quand on sent la mort s'approcher) au fond de sa tranchée, prêt à affronter la mort, avant de maintenant accompagner Jean Marc, un homme qui s'est aussi retrouvé au milieu de l'horreur de la guerre, et qui va mourir pour la Résistance, pour repousser l'antisémitisme, pour une idée, pour sa famille ... puis on rejoint le narrateur qui s'interroge sur l'horreur et la haine qui se répètent indubitablement, qui se demande ce qui va former notre avenir, et on est laissé là, avec nos réflexions et notre dégout...
L'ambiance change pour le titre suivant, ou notre chanteur, sur fond de choeurs franchement réussis, accompagnés par un violoncelle et une harpe (?), décrit son attachement à la tradition celtique par une relation mystique avec ses ancêtres, qui sont ses muses, dans Le chant des Druides, il décrit la façon dont la traditions et l'"âme" de ses ancêtres l'accompagnent et l'inspirent dans l'écriture et dans la musique.
On enchaîne sur Faut pas tiser en Bretagne, moins profonde, juste une chanson festive avec un refrain qu'on reprend bien et une musique toujours celte/moderne
Ensuite vient Le Chien du Forgeron, qui raconte une légende celte (je présume) d'un garçon ayant eu un destin semblable à Achille (un cousin ?), à qui des druides ont prédit qu'il devrait choisir entre une vie normale, auprès des siens, et devenir un grand guerrier, qui resterait dans l'histoire comme un grand parmi les grands ... musique mélancolique, un beau morceau qui encore nous emporte dans l'univers de la légende.
On arrive à un morceau aux propos plus contemporains, dans La Confession, où on écoute un jeune (un petit délinquant) qui vient de se faire tirer dessus (avec princess Erika qui fait les choeurs), qui agonise à terre, et qui se rend compte qu'il a merdé, qu'il aurait voulu faire tant de chose ... une belle chanson dans laquelle on peut facilement s'identifier, et qui du coup prend aux tripes, à faire écouter aux pseudo-rappeurs qui incitent à la violence et à la haine.
On revient à du légendaire, avec un Mauvais Dieu, qui a été enfermé par des druides il y a des millénaires, et qui va revenir à l'aube du deuxième millénaire (maintenant quoi), et se prépare à sortir ... on a une voix doublée très grave de jesépaki, qui rend super bien, et un groove à la contrebasse qui envoûte, peut-être mon morceau préféré sur l'album grâce à son ambiance sombre et d'où la bête va sortir sous peu ...
Après une sombre histoire de dieu qui va ressortir et détruire le monde, on a des créatures non moins effrayantes, tels un loup, une belette ou encore un renard ... ici, une reprise de la célèbre Jument de Michao, ici nommée Mais qui est la belette ?, c'est léger, c'est festif, ça permet de finir l'album sur une note joyeuse !
Enfin, finir, pas tout à fait, on finit sur Je Parle, qui, comme le reste de l'album est ... euh, non en fait, ici une ambiance jazzy, et des paroles que nos amies les femelles apprécieront ;p
Pour conclure, c'est un album complètement indispensable, ne serait-ce que pour sa culture, qu'on aime ou qu'on n'aime pas le rap, on doit l'écouter, c'est vraiment une oeuvre rare, malheureusement trop rare, jamais un album de rap ne m'aura ni intéressé ni ému, si seulement les albums de cet acabit étaient plus nombreux (ou plus médiatisés, d'ailleurs si vous en connaissez, hésitez pas à en parler) on aurait peut être pas une culture si faible chez les jeunes ...
Je finirai sur ces mots de Je Parle :
Beaucoup trop de filles parlent.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire